TDAH

En bref…

TDA/H (Trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité):

  • un trouble neurologique qui rend très difficile de se concentrer, d’être attentif sur une période prolongée et de compléter les tâches à faire;

  • des limitations parfois seulement à sélectionner un sujet et à maintenir son attention à ce sujet ou parfois aussi à rester en place;

  • il a de la difficulté à ne pas être ailleurs dans ses pensées, à ne pas se laisser distraire par autre chose;

  • il a de la difficulté à être calme et non constamment agité et à contrôler son impulsivité; mais il est intelligent.

Aperçu du TDAH

 

Le trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est un diagnostic qui est classé dans le Manuel diagnostique et statistique (DSM-V). Dans ce dernier le TDAH est séparé en trois sous-types: prédominance inattentive; prédominance hyperactive/impulsive et le dernier est le type combiné ou mixte.

 

Le TDAH est un trouble neurobiologique; c’est-à- dire que le cerveau fonctionne différemment, mais cela n’affecte pas l’intelligence. Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité est le plus commun des troubles diagnostiqués chez les enfants. Il touche environ 3-9% des enfants d’âge scolaire et le ratio serait de 9 garçons pour une fille pour ce qui est du type mixte et de 2 garçons pour une fille pour ce qui est du type inattentif.

En vieillissant, il y aurait environ 50% des enfants diagnostiqués avec un TDAH qui continueraient à vivre avec des symptômes à l’âge adulte. Il est toutefois à noter que les manifestations ont tendances à changer chez l’adulte. Par exemple, on parlera chez l’adulte d’un trouble plus exécutif qu’attentionnel, affectant principalement l’organisation, la planification, et la capacité à mener à terme ce qui est entamé.

La zone du cerveau qui est touchée est appelée le lobe frontal ou encore l’air préfrontal. Cette partie de notre cerveau est responsable des fonctions exécutives c’est-à- dire des fonctions nécessaires à la réalisation d’un objectif. Les fonctions exécutives peuvent être comparées à un chef d’orchestre qui coordonne les musiciens et doit réagir et s’adapter rapidement aux imprévus lors des concerts. Les fonctions exécutives nous aident à gérer nos émotions, à identifier et à solutionner nos problèmes, à surveiller et à maîtriser nos actions, de même qu’à évaluer nos pensées et nos choix.

Chez les personnes qui vivent avec un TDAH les manifestations principales sont: une difficulté à se mettre au travail et à s’organiser, la difficulté à maintenir sa concentration, une difficulté à maintenir un effort de travail, à focaliser son énergie sur une tâche, un déficit de la mémoire de travail à court terme, une difficulté à suivre les règles et les consignes, une incapacité à modifier son attitude ou son comportement à la suite d’une conséquence négative etune mauvaise perception du temps et de l’espace.

Source: Canadian ADHD Resource Alliance (CADDRA) www.caddra.ca
Document: Le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité – soutenir l’élève présentant un TDAH.

Commission scolaire du Fleuve-et- des-Lacs.
Documentation de l’AQETA.
Troubles d’apprentissage – Association canadienne. www.idac-taac.ca
Children and adults with attention deficit disorders of the national capital region.

Pour diagnostiquer le TDAH, on s’attarde à trois symptômes: l’inattention, l’hyperactivité et l’impulsivité. Ces symptômes doivent être présents à un niveau qui affecte la vie quotidienne dans au moins deux environnements différents et être apparus avant l’âge de 12 ans. La présence de ces trois symptômes détermine le type de diagnostique du TDAH. Trois types de TDAH sont diagnostiqués dépendamment des symptômes prédominants. Le premier est le sous-type de prédominance hyperactif-impulsif: pour ceux qui présentent des caractéristiques comme une agitation excessive, une grande difficulté à attendre son tour, une intolérance marquée à la frustration, une distractivité externe importante et une vitesse d’exécution très rapide au détriment de la qualité. Le deuxième est le sous-type de prédominance inattentif, (auparavant dénommée TDA): pour ceux qui présentent des caractéristiques comme une distractivité interne importante, un déficit de l’attention sélective, un déficit de l’attention partagée et une tendance à
la surpersévérance. Le troisième est le sous-type mixte, pour ceux qui présentent des caractéristiques à la fois d’hyperactivité et d’impulsivité et d’inattention.

 

Quels sont les effets du TDAH?

Le TDAH chez les étudiants est plus facilement reconnu chez un enfant hyperactif qui est facilement distrait et a de la difficulté à achever son travail, mais est souvent mal perçu lorsqu’il s’agit d’un enfant tranquille au fond de la classe qui est anxieux et obsessionnel dans son travail scolaire. Ces deux enfants peuvent être atteints du TDAH, mais sont tout à fait différents et seraient diagnostiqués par de différents sous-types.


Le TDAH n’est pas causé ou n’est pas le résultat de facteurs externes tels que de mauvaises responsabilités parentales, des facteurs socio-économiques, le manque de motivation ou le fait d’être paresseux ou défiant. Il n’est pas causé par une mauvaise alimentation, un manque d’exercices ou trop de temps passé devant la télévision. Comme tout autre problématique mentale ou physique, le TDAH peut être aggravé par l’un de ces éléments, mais ils n’en sont pas la cause. En réalité, nous savons que le TDAH est, la plupart du temps, héréditaire.

Source: Canadian ADHD Resource Alliance (CADDRA) www.caddra.ca
Document: Le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité – soutenir l’élève présentant un TDAH.

Commission scolaire du Fleuve-et- des-Lacs.
Documentation de l’AQETA.
Troubles d’apprentissage – Association canadienne. www.idac-taac.ca
Children and adults with attention deficit disorders of the national capital region.

Le TDAH est un problème de régularisation de l’attention, et pas seulement un problème d’inattention. L’élève atteint du TDAH peut également être plus concentré que la normale, en particulier quand il participe à quelque chose qui l’intéresse. Par contre, il ne parvient pas à recentrer son attention de cette activité à une autre, même s’il sait que le devrait.

Comment traiter le TDAH?

Le traitement du TDAH, pour qu’il soit le plus efficace possible, doit comprendre une combinaison d’interventions. Trois différents types de traitements sont généralement recommandés. Le premier est l’information et le support psychosocial. Tout l’entourage de l’enfant a besoin d’en apprendre davantage sur le TDAH. Cela inclut le jeune, ses parents, sa famille et son école. Les professeurs doivent bien connaître ce qu’est le TDAH et la façon dont ils peuvent aider l’élève. Plus les gens comprendront le TDAH, meilleures seront les chances de résoudre les difficultés à la maison ou à l’école. Des professionnels peuvent accompagner et supporter les familles dans la compréhension du TDAH et dans les adaptations à apporter à la maison. Le second traitement recommandé est d’apporter des accommodements en classe. Des modifications peuvent être apportées afin d’aider l’élève à réussir et faire en sorte que l’école présente un environnement positif. La troisième chose qui peut aider grandement est la médication. Ce ne sont pas toutes les personnes atteintes du TDAH qui sont médicamentées, mais il a été démontré dans les recherches médicales, que la médication aide plus que tout traitement pour l’attention et l’hyperactivité.

Quelques pistes d’intervention pour la maison et l’école:

Au niveau de l’attention

– souligner les moments d’attention par un renforçateur (récompense);

– utiliser des pictogrammes;
– alterner les périodes de travail exigeant et les périodes d’activités permettant de bouger.

Au niveau de l’hyperactivité


– permettre des moments pour bouger;
– permettre des pauses pour relaxation dans un environnement calme;
– multiplier les encouragements et renforçateurs lorsque l’enfant présente une bonne
   conduite.

Source: Canadian ADHD Resource Alliance (CADDRA) www.caddra.ca
Document: Le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité – soutenir l’élève présentant un TDAH.

Commission scolaire du Fleuve-et- des-Lacs.
Documentation de l’AQETA.
Troubles d’apprentissage – Association canadienne. www.idac-taac.ca
Children and adults with attention deficit disorders of the national capital region.

En détail…

Avec ou sans Hyperactivité

Les sigles TDA (trouble déficitaire de l’attention) et TDAH (trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité) sont utilisés pour décrire un groupe de symptômes incluant l’inattention, l’impulsivité et l’hyperactivité. Le TDA renvoie à des difficultés prononcées d’inattention et de désorganisation alors que le TDAH fait référence à des difficultés prononcées d’impulsivité et d’hyperactivité.

Les enfants qui présentent un déficit de la capacité d’attention (TDA) ont de la difficulté à maintenir leur attention ou à se concentrer. Lorsqu’ils essaient de rester assis et d’écouter à l’école, leur esprit se fatigue et ils s’ennuient. À la maison on a l’impression qu’ils refusent délibérément d’écouter leurs parents. Ils ont de la difficulté à terminer une tâche, à moins que celle-ci ne les intéresse ou ne les excite particulièrement. Leur esprit est actif et ils s’égarent facilement; « ils sont dans la lune » alors qu’ils sont censés faire du travail scolaire ou une activité comme ranger leurs jouets. En général, ces enfants sont facilement distraits et leur impulsivité leur fait accomplir les choses trop rapidement, sans réfléchir. On a   ainsi l’impression qu’ils se comportent mal et qu’ils sont souvent désorganisés.

Les enfants qui ont un déficit de la capacité d’attention avec hyperactivité (TDAH) sont constamment en mouvement, comme s’ils étaient mus par un moteur. Ils ont de la difficulté à rester assis, ils bougent sans cesse et se tortillent. Ces enfants peuvent être socialement immatures et d’humeur changeante. De plus, il est très difficile de les satisfaire parce qu’ils semblent toujours être à la recherche de quelque chose. On dit souvent qu’ils sont inconséquents parce qu’ils se révèlent soudainement incapables de réaliser une activité qu’ils ont réussie à faire la veille.

 

Selon le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux de l’American Psychiatric Association (DSM- IV, Masson 1996) le TDA/H est un mode persistant d’inattention ou d’hyperactivité/impulsivité, plus fréquent et plus sévère que ce qu’on observe habituellement chez des sujets d’un niveau de

développement similaire.

Selon le docteur R.A. Barkley, psychologue, le TDA/H constitue un retard dans le développement neurologique de l’inhibition de la réponse aux différents stimuli qui assaillent l’enfant, ce qui entraîne une inefficacité des fonctions neuropsychologiques fondamentales pour le contrôle de soi et des comportements orientés vers le futur. Ce déficit est en lien avec les fonctions exécutives qui trouvent apparemment leur siège dans certaines aires du lobe frontal. Cela signifierait donc que la personnalité des parents de même que le caractère, la maturité ou la bonne volonté de l’enfant ne sont pas les éléments déclencheurs de ces troubles. Il s’agirait d’un problème physique qui peut être contrôlé mais qui ne peut être guéri.

Le TDA/H est le trouble le plus fréquemment diagnostiqué chez les enfants nord-américains, mais il est très controversé car aucun marqueur biologique particulier ne confirme le diagnostic. Des recherches révèlent une tendance héréditaire, mais le gène porteur n’a pas encore été identifié.

On estime que 3% à 5% des enfants seraient atteints du TDA/H. Il apparaîtrait chez les garçons comme chez les filles, et ce avant l’âge de 7 ans. Des troubles d’apprentissage sont associés à 25% des cas de TDA/H. Ils causent un retard dans l’intégration du langage oral, de la lecture, de l’écriture et des mathématiques.

Le diagnostic

Le diagnostic différentiel s’avère complexe et requiert une évaluation minutieuse et multidisciplinaire.

Chaque spécialiste utilise les outils qu’il juge les plus appropriés. On élabore constamment de nouveaux tests et d’autres sont améliorés; ils permettent, en l’absence de normes standardisées, d’observer le comportement d’un sujet évalué, ses processus de résolution de problèmes et le type d’erreurs qu’il fait, de façon à mettre en évidence les déficits dont il peut souffrir.

L’intervention

Le traitement du trouble déficitaire de la capacité d’attention avec ou sans hyperactivité comprend souvent des stratégies éducatives et comportementales ainsi qu’une médication.

 

La médication

 

Le méthylphénidate commercialisé sous le nom de « Ritalin » est le médicament le plus utilisé pour contrer les symptômes du TDA/H. Il s’agit d’un stimulant du système nerveux central. Ce médicament augmente la capacité d’attention et la concentration, et il diminue l’impulsivité. La tendance à prescrire le méthylphénidate pour le TDA/H est particulière aux pays d’Amérique du Nord. Dans les autres pays, on le prescrit dans moins de 0.5% des cas seulement. Pour prescrire une médication, le médecin (pédiatre, neurologue, psychiatre ou omnipratricien) tient compte habituellement des symptômes, du comportement, des problèmes d’apprentissage et de la confirmation du diagnostic du TDA/H.

Certains spécialistes, en Belgique notamment, abordent le trouble dans une perspective cognitive, en tentant de décrire les différents déficits de l’enfant plutôt que de lui accoler l’étiquette d’un TDA/H. Dans l’avenir, cette approche pourrait  permettre différentes modalités de traitement pour les enfants souffrant d’un déficit d’attention simple et leur offrir ainsi une réelle solution de rechange à la médication.

Ici, certains experts croient que la prise de médication seule est suffisante pour aider l’enfant alors que d’autres estiment qu’une approche multimodale est esssentielle au développement des enfants.

Les cliniciens de même que les parents font donc face à un dilemme, celui de décider ou non d’utiliser une médication pour réduire les symptômes s’apparentant au TDA/H. Il faudrait que ce dilemme soit résolu rapidement, car les statistiques liées à cet usage indiquent un taux de croissance constant depuis 1990.

Une collaboration étroite entre les différents spécialistes est donc nécessaire pour résoudre la controverse entourant la prise de médication. Chose certaine, la prise de méthylphénidate a permis d’obtenir souvent des changements positifs dans le comportement et le résultat scolaire des enfants.

L’approche multimodale

L’approche multimodale préconisée par plusieurs spécialistes comprend des modifications dans l’organisation de la classe, des rencontres familiales permettant de démystifier le trouble, de la psychothérapie cognitive et comportementale ou psychodynamique et de l’entraînement aux habiletés   sociales.

En résumé, on peut conclure que le diagnostic du TDA/H est complexe, puisqu’il n’y aucun marqueur biologique particulier pour le confirmer. De plus, vouloir distinguer entre les enfants atteints par ce trouble – qui, par ailleurs, peut varier de léger à sévère – et ceux qui ne le sont pas peut s’avérer ardu.

Les parents manquent de connaissances et ils doivent trop souvent se fier aux médias pour avoir une idée du problème et de la situation. Il peut en découler de la confusion et un certain manque de confiance à l’égard des professionnels qui oeuvrent auprès de leurs enfants. Il ne faut jamais hésiter à poser des questions sur le sujet et à consulter plusieurs professionnels si nécessaire.

Extrait de « Les troubles d’apprentissage: comprendre et intervenir »
Auteures: Denise Destrempes-Marquez et Louise Lafleur
Éditions Hôpital Sainte-Justine, 1999