Syndrome de dysfonction non verbal

Trouble non reconnue dans le DSM5

Le syndrome de dysfonctions non verbales (SDNV) touche la perception, l’analyse, la rétention, la compréhension, l’organisation ou encore l’utilisation d’informations verbales et non verbales. Ces difficultés affectent l’apprentissage chez des enfants qui autrement présentent un fonctionnement intellectuel dans les normes. Ce syndrome fait partie des troubles d’apprentissage scolaires et s’explique par:

  • une perturbation des habiletés à traiter l’information visuelle ou visuospatiale;

  • des difficultés d’attention et un manque sur le plan des fonctions exécutives;

  • des troubles relatifs à la compétence sociale.

 

Les difficultés se notent chez les garçons et les filles de façon égale et le taux de prévalence se trouve à près de 1,0 %. L’identification de ce syndrome est relativement récente. En effet, c’est en 1968 que ce syndrome est décrit par Johnson et Myklebust puis étudié par Rourke en 1982.

Ce syndrome n’est pas reconnu par le Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) et ne fait pas partie non plus des catégories des troubles de l’apprentissage du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM). Selon Spreen (2011), les études indépendantes démontrant fermement la validité du SDNV ne sont pas assez nombreuses pour que ce concept soi universellement adopté, bien qu’il puisse tout de même servir à décrire un ensemble de traits que l’on retrouve chez certains enfants. De plus, certains auteurs estiment que les symptômes décrits dans le SDNV correspondent plutôt à un trouble déficitaire de l’attention, à un trouble d’apprentissage ou à un syndrome d’Asperger (Pennington, 2009).

Le traitement visuel et visuospatial

Les enfants ayant un SDNV montrent de faibles habiletés visuo-perceptives et visuo-spatiales. Ils montrent des faiblesses à percevoir des détails essentiels sur une image, à s’orienter ou à se repérer sur un diagramme ou un graphique entraînant ainsi des complications pour la perception d’un élément dans son ensemble. L’attention et la mémoire visuelle constituent également des faiblesses pour ces enfants. La difficulté à reconnaître les visages est d’ailleurs liée à ces déficits et cela peut affecter leur fonctionnement au quotidien les empêchant de se représenter des images mentales.

Les enfants présentant un SDNV ont une bonne mémoire surtout lorsqu’il s’agit de stimuli auditifs. Lors des situations d’apprentissage, les stratégies verbales sont donc à favoriser plutôt que d’utiliser des méthodes visuelles. De plus, il est important d’employer des informations concrètes.

L’attention

Sur le plan de l’attention, ces enfants se montrent facilement distraits échouant facilement les épreuves mesurant l’attention partagée où ils montrent des difficultés à traiter à la fois deux ou plusieurs types d’informations.

Les fonctions exécutives

Les fonctions exécutives sont également déficitaires. Les enfants ayant un SDNV peinent à gérer correctement les changements survenant dans leur quotidien, préférant effectuer des activités routinières.

Il est difficile pour eux d’organiser efficacement leur horaire ou leur agenda, à gérer les activités qui requièrent plusieurs étapes de planification. De la même façon, les consignes à plusieurs étapes sont difficiles à suivre pour eux. Celles-ci doivent être répétées afin d’être entièrement accomplies. Ces déficits sur le plan de la flexibilité mentale, de l’organisation et de la planification affaiblissent de beaucoup les capacités de résolution de problèmes.

Les compétences sociales

Les enfants ayant un SDNV peuvent présenter un pauvre jugement social et montrer des difficultés à décoder certains aspects de la communication non verbale (i.e., les émotions, le langage corporel ou gestuel: froncement des sourcils, intonation de la voix, etc.). Ils peinent à reconnaître l’effet de leurs comportements sur les autres lors des situations sociales. Ils sont influençables et ne comprennent pas toujours qu’ils sont l’objet de moqueries. Ces enfants peuvent aussi être trop amicaux, ne respectant pas la distance sociale ou démontrant trop d’enthousiasme envers autrui. Ils ont par conséquent beaucoup de mal à établir des liens d’amitié et à les conserver. Bien souvent, ils préfèrent la compagnie d’adultes, qui sont davantage prévisibles et qui ne les mettent pas en situation d’échec.

 

https://aqnp.ca/documentation/developpemental/syndrome-dysfonctions-non-verbales/

http://claire-grand-psy.e-monsite.com/pages/le-sdnv.html