Dyspraxie

Dyspraxie motrice
DSM5 (TDC) Trouble développemental de la coordination
Trouble du «Comment faire» ou trouble du geste

 

—La dyspraxie est un trouble de la planification et de la coordination des mouvements nécessaires pour réaliser
une action nouvelle, orientée vers un but précis. La dyspraxie n’est pas causée par une déficience motrice cérébrale (ou paralysie cérébrale), une déficience intellectuelle ou un trouble envahissant du développement.

—Prévalence: entre 8 à 9% des enfants

La dyspraxie motrice pour sa part implique un trouble de la coordination des muscles, des articulations (ex. des bras, poignets, doigts, hanches, jambes, chevilles) afin d’enchaîner une séquence de mouvements et de gestes qui permettent d’arriver au but escompté (ex. natation, bicyclette, monter des escaliers). La dyspraxie motrice implique également un problème d’intégration de l’information visuo-spatiale avec la séquence motrice. Donc, les gestes et les mouvements du corps ne sont pas toujours appropriés au contexte. Dans la sphère des dyspraxies motrices, nous retrouvons également la dysgraphie (trouble de la coordination des mouvements des doigts impliqués dans la production graphique des lettres et chiffres et dans le dessin) et la dyspraxie de construction (trouble lors de l’assemblage ou de la mise en relation des parties d’un objet afin de former une unité cohérente comme lors de modèles à coller ou de meubles à assembler).

Les difficultés causées par la dyspraxie motrice

À l’âge pré-scolaire:

  • retard au niveau des jalons moteurs (se rouler, s’asseoir, se lever, marcher);

  • problèmes d’équilibre;

  • difficultés à courir, sauter, lancer ou attraper une balle, faire de la corde à danser;

  • monter et descendre les escaliers;

  • difficulté à s’habiller;

  • tomber fréquemment;

  • tient mal son crayon;

  • difficultés avec les ustensiles;

  • difficultés à faire des casse-tête ou à jouer avec des blocs (jeux de construction);

  • difficultés avec le découpage et les bricolages.

L’enfant d’âge scolaire:

  • les mêmes difficultés que l’enfant d’âge pré-scolaire, avec peu ou pas d’amélioration;

  • difficultés à copier les informations du tableau;

  • l’écriture et le dessin sont laborieux et immatures;

  • difficultés à organiser son sac d’école, à faire son lit;

  • difficultés en mathématique et géométrie (surtout avec l’utilisation de certains outils comme une règle, un compas ou un rapporteur d’angle);

  • difficultés lors du cours d’éducation physique et d’activités sportives);

  • difficultés lors d’activités artistiques (peinture, danse) et lors de la couture.

Chez l’adulte:

  • difficultés à se raser, se maquiller, se coiffer;

  • tâches ménagères comme le repassage, utiliser un ouvre-boîte, plier des vêtements;

  • jouer des instruments de musique;

  • faire de la menuiserie, éplucher des légumes.

La dyspraxie et l’estime de soi

La dyspraxie a souvent un impact très néfaste sur le développement de l’estime de soi. Parce que les habiletés athlétiques sont grandement valorisées en âge scolaire, l’enfant dyspraxique se fait souvent rejeter. Il a un grand sentiment d’être incompétent dans presque tout ce qu’il fait et il croit qu’il ne peut rien faire comme les autres. Ensemble, ceci fait en sorte qu’il a tendance à éviter les activités de groupe, se retirer et se replier sur lui-même et parfois même sombrer vers la dépression.

Autres troubles associés

Plusieurs troubles neuropsychologiques se retrouvent également chez certains dyspraxiques (la présence de ceux-ci varie grandement d’un individu à l’autre, ce qui souligne l’importance d’une évaluation neuropsychologique plus approfondie). Ces troubles incluent:

  • troubles de mémoire à court terme verbale et non verbale;

  • déficit de l’attention (avec ou sans hyperactivité;

  • difficultés d’analyse séquentielle;

  • troubles exécutifs ( planification, organisation);

  • troubles conceptuels;

  • troubles visuo-perceptuels.

La dyspraxie peut également être une composante d’un plus grand syndrome:

  • Syndrome des dysfonctions non verbales;

  • Asperger;

  • Autisme.

Recommandations et pistes d’intervention

Si on soupçonne que l’enfant puisse avoir un trouble d’apprentissage relié à une dyspraxie, la première démarche à suivre est d’obtenir une évaluation complète en neuropsychologie. Dans un premier lieu, ceci permet de préciser la nature et l’origine des difficultés. Par la suite, le professionnel saura orienter de façon appropriée les interventions.

 

Si le profil correspond à une dyspraxie orale, on préconise:

  • un plan de ré-éducation intensif en orthophonie;

  • à la maison on peut commencer par faire répéter à l’enfant de façon régulière des sons monosyllabiques;

  • par la suite, on progresse avec des sons bisyllabiques et des séquences de sons;

  • promouvoir l’apprentissage des sons à l’aide de rimes et mélodies;

  • pratiquer l’articulation en faisant répéter régulièrement de courtes comptines;

  • pour pallier, on peut utiliser un langage par signes.

Si le profil correspond à une dyspraxie motrice, on préconise:

  • un plan de ré-éducation intensif en ergothérapie;

  • impliquer l’enfant dans les arts martiaux (ex. karaté) la gymnastique, la danse;

  • faire des activités en famille qui travaillent la coordination et la dextérité ( aérobie, natation, bowling);

  • leur apprendre les gestes et mouvements étape par étape;

  • s’occuper d’un animal, le laver, le nourrir;

  • apporter des instructions en plus petites parties et de façon très précise;

  • établir des routines claires;

  • jeux de legos et jeu Architek (il en existe de plusieurs niveaux);

  • jeux de poches;

  • offrir des jeux ayant des outils (construction avec marteaux, tournevis etc.);

  • faire du bricolage avec votre enfant;

  • l’encourager à faire des modèles à coller (débuter avec des modèles simples);

  • pâte à modeler et accessoires (emporte-pièce rouleau, couteau);

  • participer à la cuisine (confection de gâteaux, manipulation de la pâte, éplucher des légumes…);

  • casse-tête et jeux de dominos;

  • jeu de pliage de papier (origami);

  • faire pratiquer le dessin.